Dailleurs ces derniers vont pouvoir avoir des rĂ©ponses Ă  toutes leurs questions. Surtout que beaucoup d’entre eux se demandent si le roi Harald est toujours en vie ! Les fans de Vikings dĂ©couvrait son personnage dans la 4Ăšme saison de la sĂ©rie. InterprĂ©tĂ© par Peter Franzen, le guerrier a survĂ©cu Ă  plusieurs batailles durant les Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents. 15 ans : 20/12/2003 23h45 ].. Il y a 15 ans, ce jour lĂ , peut ĂȘtre mĂȘme Ă  cette heure exacte, j’étais lĂ . Et @nikosaliagas Ă©tait sur le point de rĂ©vĂ©ler cette Ă©trange nouvelle : j avais gagnĂ© la #staracademie2003. . OĂč bien non. NOUS l’avons gagnĂ©e ensemble @michal_officiel et moi. Et ce fut le plus beau cadeau qu’on ait pu me faire pendant cette folle aventure : m Monsieurle cardinal, vĂ©nĂ©rĂ© et cher frĂšre dans l’épiscopat, chĂšres sƓurs ! Je suis heureux de vous rencontrer aujourd’hui et je dĂ©sire saluer chacune de vous, en vous remerciant pour ce que vous faites afin que la vie consacrĂ©e soit toujours une lumiĂšre sur le chemin de l’Église. ChĂšres sƓurs, je remercie avant tout mon cher frĂšre le cardinal JoĂŁo Braz de Aviz, pour les Tshirts homme et femme originaux sur le thĂšme Roi Dans La Meilleure Vie Designs d'artistes Plu Posterset affiches d'artistes indĂ©pendants sur le thĂšme Que Ce Soit Dans La Vie De Tous Les Jours. De l'originalitĂ© Ă  petits prix pour vos murs tout nus. Plusieurs formats disponibles. Rappelezvous que la relation entre autoritĂ© et obĂ©issance se situe dans le contexte plus gĂ©nĂ©ral du mystĂšre de l’Église et en constitue une rĂ©alisation particuliĂšre de la fonction mĂ©diatrice (cf. CongrĂ©gation pour les instituts de vie consacrĂ©e et les sociĂ©tĂ©s de vie apostolique, Le service de l’autoritĂ© et l’obĂ©issance, 12). 1970: Femme jolie on te yeux; 1970 : VoilĂ  mon chĂ©ri 1970 : Le Monsieur qui volait 1970 : MoitiĂ© orange et moitiĂ© citron 1970 : Quelle belle journĂ©e 1970 : Petit Bonhomme 1970 : HĂ©lĂšne et Guillaume 1970 : Ah ! c'qu'est bon 1970 : La Demande en mariage 1970 : Les Oriflammes de l'amour 1970 : Les Enfants du docteur Bobo 1970 : Le Jour de mes quatre saisons Ledeal Ă  ne pas rater : [CDAV]Climatiseur mobile programmable multifonctions OCEANIC 2000W. 129.99 € Voir le deal :: Pour commencer, avant le RPG :: Vous et votre personnage :: Relations : Soit dans ma vie un peu ♄ : 4 participants. Auteur Message; Shishen Kurochi Vacancesestivales de nos Chefs d’État: Mohamed Bazoum Ă  son village, Ouattara aux Mougins, Goita Assimi, KagamĂ©, Macky en mode back office. Exclusif Confidentiel Afrique 2Samuel 19 4 Le roi s'Ă©tait couvert le visage, et il criait Ă  haute voix: Mon fils Absalom! Absalom, mon fils, mon fils! 5 Joab entra dans la chambre oĂč Ă©tait le roi, et dit: Tu couvres aujourd'hui de confusion la face de tous tes serviteurs, qui ont aujourd'hui sauvĂ© ta vie, celle de tes fils et de tes filles, celle de tes femmes et de tes concubines. 6 Tu aimes ceux qui te 277E. l'essentiel Les fĂȘtes de Bayonne commencent ce mercredi 27 juillet. Et comme d'habitude les milliers d'enfants prĂ©sents scanderont "Debout LĂ©on" pour rĂ©veiller "Le roi LĂ©on, roi des couillons". Mais qui est ce personnage emblĂ©matique des fĂȘtes de Bayonne? C'est en 1987 que le roi LĂ©on fait son apparition aux fĂȘtes de Bayonne. Des membres de la peña Or Konpon ont eu l'idĂ©e de crĂ©er un symbole, une icĂŽne des fĂȘtes. Ils dĂ©cident de remettre au goĂ»t du jour l'histoire de RaphaĂ«l Dachary, surnommĂ© LĂ©on, qui Ă©tait une figure incontournable des fĂȘtes dans les annĂ©es 1950. Cet homme, un peu simple d'esprit et passionnĂ© d'opĂ©ra Ă©tait devenu le "roi de Bayonne" en 1948. Un visage pour le roi Or Konpon sait que pour que la mascotte fonctionne il lui faut un visage, ils demandent alors au dessinateur Jean Duverdier de donner vie au roi LĂ©on. DotĂ© d'un gros nez rouge et d'une longue coiffure blonde, le personnage attire immĂ©diatement la sympathie. Un rituel devenu important Au fil des annĂ©es la prĂ©sence du roi LĂ©on est devenue obligatoire. Il apparaĂźt en haut de l'hĂŽtel de ville chaque matin des fĂȘtes Ă  11h. Une chanson nommĂ©e "Debout LĂ©on", scandĂ©e autant par les petits que les grands accompagne son arrivĂ©e. A lire aussi FĂȘtes de Bayonne 2022 ça commence mercredi ! A lire aussi FĂȘtes de Bayonne 2022 dĂ©couvrez le programme des fĂ©rias A lire aussi FĂȘtes de Bayonne 2022 la peur des "piqĂ»res sauvages" refait surface Note de l’éditeur Ceci est le septiĂšme chapitre de la sĂ©rie Le Messie promis. Le Psaume 2 met l’accent sur la royautĂ© messianique ou mĂ©diatrice de notre Seigneur JĂ©sus Christ. En d’autres termes, Christ a toujours Ă©tĂ© Ă©ternellement Roi en tant que deuxiĂšme membre de la divinitĂ©, mais le Psaume 2 traite de sa royautĂ© en tant qu’homme-Dieu et mĂ©diateur de l’alliance de la grĂące. Ce psaume a aidĂ© les auteurs du Nouveau Testament Ă  comprendre certains aspects des multiples facettes de la royautĂ© de JĂ©sus. Le Psaume 2 est explicitement citĂ© quatre fois deux fois dans les Actes des ApĂŽtres Ps en Ac ; Ps en Ac et deux fois dans HĂ©breux Ps en HĂ©b ; Des parties du Psaume sont Ă©galement Ă©voquĂ©es dans l’Apocalypse ; ; Nous examinerons les quatre citations explicites. Le Psaume 2 a Ă©tĂ© Ă©crit par David et traite essentiellement du Seigneur JĂ©sus Christ. Il est divisĂ© en quatre sections 1 il y a des ennemis contre Dieu le PĂšre et son oint », JĂ©sus vv. 1-3 ; 2 Dieu le PĂšre se moque de ses ennemis et dĂ©clare qu’il a Ă©tabli son roi sur Sion » vv. 4-6 ; 3 JĂ©sus raconte ce que le PĂšre lui a dit – JĂ©sus est le Fils », et il dĂ©truira les ennemis de Dieu avec un sceptre de fer » vv. 7-9 ; et 4 David encourage/avertit tout le monde Ă  servir Dieu le PĂšre et JĂ©sus son Fils, concluant Heureux tous ceux qui se confient en lui [JĂ©sus] ! » vv. 11-12 Dans les Actes des ApĂŽtres, Pierre et Jean sont arrĂȘtĂ©s pour avoir parlĂ© de la rĂ©surrection de Christ et avoir affirmĂ© qu’un homme infirme avait Ă©tĂ© guĂ©ri au nom de JĂ©sus. Ils sont finalement relĂąchĂ©s Ac À leur retour au sein de l’Église, les croyants citent le Psaume Pourquoi cette agitation parmi les nations et ces prĂ©occupations dĂ©pourvues de sens parmi les peuples ? Les rois de la terre se sont soulevĂ©s et les chefs se sont liguĂ©s ensemble contre le Seigneur et contre celui qu’il a dĂ©signĂ© par onction [le grec Christos]. » Ac Les croyants concluent que ce texte se rapporte Ă  ceux qui ont complotĂ© et agi contre JĂ©sus le Christ – HĂ©rode, Ponce Pilate, divers non-Juifs et divers Juifs v. 27. Ils concluent en outre que ce texte se rapportait Ă©galement Ă  Pierre, Jean et eux-mĂȘmes en raison de leur lien avec JĂ©sus v. 29. Bien entendu, comme l’indique le Psaume 2, le Christ sortira victorieux, tout comme ceux qui sont liĂ©s Ă  son royaume. Dans le contexte d’Actes 4, JĂ©sus est ressuscitĂ© ; Pierre, Jean et d’autres continuent Ă  guĂ©rir et Ă  parler avec audace de Christ v. 30-31. Oui, il y aura des ennemis contre JĂ©sus et son royaume, mais il triomphera voir Ap ; Le Psaume – Tu es mon fils, je t’ai engendrĂ© aujourd’hui ! » – est citĂ© trois fois dans le Nouveau Testament Actes et HĂ©breux ; Le mot fils Ă©tait une maniĂšre courante dans l’Ancien Testament de faire rĂ©fĂ©rence Ă  diffĂ©rents rois davidiques et aussi au roi davidique, le futur Messie. Il indique une relation spĂ©ciale entre le roi et Dieu. Lors de son premier voyage missionnaire, Paul a prĂȘchĂ© dans la synagogue d’Antioche de Pisidie Actes Il raconte la Bonne Nouvelle du salut qui est liĂ©e Ă  la mort et Ă  la rĂ©surrection de JĂ©sus. En ce qui concerne spĂ©cifiquement la rĂ©surrection, Paul cite trois textes de l’Ancien Testament Psaumes ; ; et ÉsaĂŻe Le Psaume est citĂ© dans Actes Tu es mon fils, je t’ai engendrĂ© aujourd’hui ! » Bien sĂ»r, ici engendrĂ© » ne signifie pas nĂ© biologiquement », mais qu’à la rĂ©surrection de JĂ©sus, il est entrĂ© dans une autre Ă©tape de ses devoirs royaux. En tant que puissant roi assis Ă  la droite de Dieu, il est capable d’assurer le salut de son peuple voir Actes Dans HĂ©breux le Psaume est citĂ© et le mot Fils » est soulignĂ©. L’auteur d’HĂ©breux fait valoir que JĂ©sus est meilleur que les anges parce qu’il est appelĂ© le Fils », et ce titre ne leur est pas donnĂ©. Un deuxiĂšme texte est citĂ© pour prouver que JĂ©sus est ce Fils spĂ©cial Je serai pour lui un pĂšre et il sera pour moi un fils. » 2 Sa ; HĂ©b Le contexte de 2 Samuel est l’initiation capitale de l’alliance davidique. Ces deux versets rĂ©unis soulignent la relation unique entre Dieu le PĂšre et son Fils royal. AprĂšs la rĂ©surrection de JĂ©sus, un aspect de sa royautĂ© mĂ©diatrice HĂ©b ; est le pouvoir – il s’est assis Ă  la droite de la majestĂ© divine dans les lieux trĂšs hauts » La troisiĂšme citation du Psaume se trouve dans HĂ©breux Ici, une nuance diffĂ©rente est mise en Ă©vidence. Dans le contexte de la discussion des aspects sacerdotaux et royaux du ministĂšre de JĂ©sus, il est soulignĂ© que JĂ©sus ne s’est pas Ă©levĂ© lui-mĂȘme, mais qu’il a Ă©tĂ© nommĂ© engendrĂ© » par Dieu le PĂšre. Cet aspect consistant Ă  ne pas s’exalter lui-mĂȘme a Ă©tĂ© prĂ©figurĂ© par le grand prĂȘtre de l’Ancien Testament, qui ne s’est pas non plus choisi lui-mĂȘme En outre, la vie terrestre de JĂ©sus a montrĂ© cette humble qualitĂ© de notre leader/roi En effet, le Fils de l’homme est venu non pour ĂȘtre servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » Marc En vĂ©ritĂ©, on peut dire de JĂ©sus le Roi Heureux tous ceux qui se confient en lui ! » Ps Cet article a Ă©tĂ© publiĂ© Ă  l’origine dans le Tabletalk Magazine. le Roi Mohammed VI a accordĂ© une interview au quotidien français "Le Figaro", rĂ©alisĂ©e par le directeur adjoint de la rĂ©daction, Charles Lambroschini, dans laquelle le Souverain a traitĂ© de questions nationales et internationales. Voici le texte intĂ©gral de l'interview - Le Figaro vous ĂȘtes montĂ© sur le TrĂŽne en juillet 1999 aprĂšs la mort de votre pĂšre, le Roi Hassan II. Quel bilan dressez-vous de ces deux premiĂšres annĂ©es de rĂšgne ?- le Roi Je n’ai que 38 ans et, aprĂšs deux ans de rĂšgne seulement, je prĂ©fĂ©rerais utiliser un autre mot que celui de bilan. Bilan, cela semble Ă  la fois prĂ©maturĂ© et prĂ©tentieux, tout en suggĂ©rant la fin de quelque chose. Or, je n’en suis qu’à mes dĂ©buts. J’ai dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi la voie moins spectaculaire qui consiste Ă  fonder mes choix sur les acquis et le socle de la continuitĂ©. Vous savez, je ne me rĂ©veille pas tous les matins en me disant tiens, aujourd’hui, pour plaire ou pour faire la Une des journaux, je vais changer les choses. Ce serait ridicule et dĂ©magogique. Mon approche est Ă  la fois plus pragmatique et plus rĂ©flĂ©chie. Mon rythme est celui du Maroc. Ce n’est pas nĂ©cessairement le mĂȘme que celui que veulent nous imposer, avec arrogance et ignorance, certains observateurs transformĂ©s en procureurs. Depuis leurs cafĂ©s du commerce, ces gens veulent mettre le Maroc et son Roi au diapason de leur propre fantasme. Ce temps est Question Mais ĂȘtes-vous au diapason des attentes de l’opinion marocaine ?- le Roi C’est justement ce qui m’importe. Ce que je retiens, c’est le regard que l’immense majoritĂ© des Marocains portent sur mon action. Ce regard converge avec le mien pour constater que la tĂąche est Ă  la fois immense et exaltante. Ensemble, nous voulons affiner l’espace dĂ©mocratique le plus complet. Nous voulons aussi que cette dĂ©mocratie soit celle du mieux-ĂȘtre. La dĂ©mocratie d’un pays qui a fait le choix d’un rééquilibrage social fondĂ© sur la croissance mais aussi sur le rĂ©alisme et l’équitĂ©. Cette vision, celle de la raison, est bien comprise par les Marocains. Eux savent oĂč va le Question Puisque vous annoncez une nouvelle route, celle des rĂ©formes, Ă  quelle Ă©tape en ĂȘtes-vous ?- le Roi Les signaux dĂ©jĂ  donnĂ©s, les rĂ©sultats dĂ©jĂ  acquis sont nombreux et substantiels. Qu’il s’agisse des droits de l’Homme, domaine dans lequel le Maroc n’a plus grand chose Ă  prouver, ou de la logique d’inclusion sociale dont j’ai fait ma premiĂšre prioritĂ©. Ce ne sont pas seulement les Marocains qui m’ont entendu. C’est aussi le cas de la communautĂ© internationale. Notamment les dĂ©cideurs du monde des affaires puisque le Maroc, pour la premiĂšre fois dans son histoire, va franchir la barre des 3 milliards de dollars en investissements directs venus de l’extĂ©rieur. Il y a dix ans Ă  peine, ces investissements Ă©taient infĂ©rieurs Ă  50 millions de dollars par Question Mais il ne peut pas y avoir de dĂ©veloppement Ă©conomique sans dĂ©veloppement le Roi C’est une Ă©vidence. Nous devons nous battre sur deux fronts, Ă©conomique et social. La lutte contre la pauvretĂ© et contre l’analphabĂ©tisme est un objectif Question Comment gĂ©rez-vous la dialectique entre dĂ©mocratie et dĂ©veloppement ? Comment surmontez-vous les contradictions entre votre volontĂ© de modernisation et les rĂ©alitĂ©s d’un monde rural en grande partie analphabĂšte ?- le Roi La tradition et la modernisation peuvent trĂšs bien aller de pair. Je pense mĂȘme que la modernisation peut aider Ă  enraciner une certaine tradition. Voyez le Japon. Le tout est de trouver une formule adĂ©quate pour le Maroc. La majoritĂ© des Marocains vivant en milieu rural, la modernitĂ© doit leur apporter des solutions sur place. Il ne faut pas qu’ils aillent chercher dans les villes le moyen de rĂ©soudre leurs problĂšmes. Vous savez, le Maroc fait face Ă  un cycle historique de sĂ©cheresse quasi structurelle. Et, en dĂ©pit des drames que cela engendre, nous n’avons pas cĂ©dĂ© Ă  la fatalitĂ©. Nous continuons Ă  progresser. Je voudrais vous citer deux chiffres. Entre 1990 et 2000, le nombre de villages ayant accĂšs Ă  l’électricitĂ© est de 15% Ă  45% et, pour l’eau potable, de 14% Ă  42%.- Question D’aprĂšs ces chiffres, vous n’ĂȘtes mĂȘme pas Ă  la moitiĂ© du chemin. Alors, comment aller plus vite et plus loin ?- le Roi DĂ©velopper les infrastructures, c’est d’abord amener l’eau et l’électricitĂ©. Revoir la politique agricole, c’est dĂ©terminer si la production marocaine doit ĂȘtre axĂ©e vers les cĂ©rĂ©ales ou plutĂŽt vers des produits agricoles Ă  plus forte valeur ajoutĂ©e. Les centres d’alphabĂ©tisation ne doivent pas ĂȘtre ouverts dans les villes mais dans les campagnes pour permettre aux jeunes filles d’avoir accĂšs Ă  l’éducation, pour permettre aux gens de s’ancrer chez eux, de dĂ©velopper leurs connaissances sur place et d’apporter quelque chose Ă  leur milieu naturel. La tĂąche est immense et l’Etat n’a pas les moyens d’assumer seul toutes ces responsabilitĂ©s. Il faut aussi que les ONG participent Ă  cet effort. Notamment la Fondation Mohammed V que je prĂ©side et qui travaille beaucoup dans le domaine de l’éducation et de la lutte contre l’ Question Quelle dĂ©finition politique donnez-vous d’une Monarchie qui ne se veut ni absolue ni parlementaire ?- le Roi il est impossible de comparer ce qui n’est pas comparable. On n’a pas arrĂȘtĂ©, par exemple, de faire le parallĂšle entre ma personne et celle du Roi Juan Carlos. Je le respecte et je l’aime beaucoup mais la Monarchie espagnole n’a rien Ă  voir avec la Monarchie marocaine. Les Marocains n’ont jamais ressemblĂ© Ă  personne et ils ne demandent pas aux autres de leur ressembler. Les Marocains veulent une Monarchie forte, dĂ©mocratique et exĂ©cutive. Notre Monarchie est constitutionnelle avec un texte fondamental datant de 1962 qui avait Ă©tĂ© Ă©laborĂ© en Ă©troite concertation avec les formations politiques de l’époque. Mais, chez nous, le Roi ne se contente pas de rĂ©gner. Je rĂšgne et je travaille avec mon gouvernement dans un cadre constitutionnel clair qui dĂ©finit la responsabilitĂ© de chacun. Il n’y a aucune ambiguĂŻtĂ© et aucun complexe dans ce que je suis en train de vous dire. Depuis treize siĂšcles que dure la Monarchie marocaine, nous avons Ă©voluĂ© dans ce cadre et les Marocains le veulent Question Vous gouvernez, pas seul le Roi Dans le monde moderne, mĂȘme un Roi ne peut pas agir en solitaire. De plus, cela ne correspond ni Ă  mon goĂ»t personnel ni Ă  ma philosophie. Je travaille en Ă©quipe. Je m’entoure. J’ai des conseillers qui me donnent leurs avis en toute franchise. J’ai confiance en eux et ils ont confiance en moi. Cela dit, je ne m’appuie jamais sur le jugement d’une seule personne. J’ai peut-ĂȘtre tendance Ă  demander un trop grand nombre d’avis. Mais je ne veux surtout pas faire l’erreur de fonder ma dĂ©cision sur un point de vue unique, sur l’opinion d’une seule Question Comment organisez-vous la rĂ©partition des tĂąches avec le Premier ministre Youssoufi ?- le Roi Il n’y a aucune improvisation. M. Youssoufi fait son travail, je fais le mien. Personne n’empiĂšte sur le domaine de personne. Il y a quelques instants, j’ai eu M. Youssoufi au tĂ©lĂ©phone. Un conseil de gouvernement venait de se rĂ©unir et le Premier ministre m’a posĂ© deux ou trois questions. Je lui en ai posĂ© aussi. Nous avons Ă©changĂ© des informations. C’est comme cela que ça se passe. Avant le Conseil des ministres, M. Youssoufi vient me voir. Nous dĂ©battons de ce qui va ĂȘtre dit et on se partage la tĂąche en ce qui concerne la politique intĂ©rieure aussi bien que la diplomatie. Par exemple, M. Youssoufi nous a beaucoup aidĂ©s pour obtenir d’un certain nombre de pays qu’ils modifient leur position sur le Sahara. Un jour je suis stratĂšge, un jour c’est lui qui l’est. Un jour je suis tacticien, un jour c’est lui. Et il n’y a pas que M. Youssoufi, il y a tout un gouvernement, des ministres, des secrĂ©taires d’Etat. LĂ  aussi, nous formons une Ă©quipe, une Ă©quipe trĂšs Question Dans un rĂ©cent entretien au "Figaro", l’universitaire Gilles Kepel, spĂ©cialiste du monde arabo-musulman, a critiquĂ© la timiditĂ© du gouvernement Youssoufi dans l’application des rĂ©formes. Pour Kepel, le vrai test du changement au Maroc, ce sera l’élection de septembre 2002. Partagez-vous ce diagnostic ? - le Roi Non. Pour moi, les Ă©lections ne sont ni un test ni une sanction. Ce n’est pas la premiĂšre fois que les Marocains iront aux urnes. Si le prochain scrutin suscite plus d’intĂ©rĂȘt, c’est parce qu’il s’agira des premiĂšres Ă©lections sous mon rĂšgne. Dans une dĂ©mocratie, les Ă©lections reprĂ©sentent un processus tout Ă  fait normal. Or, le Maroc est une dĂ©mocratie. Le prochain scrutin sera transparent. Il reflĂ©tera la volontĂ© des citoyens marocains. Les gens savent pertinemment oĂč va le Maroc et oĂč je veux Question Pourtant, depuis que vous avez succĂ©dĂ© au Roi Hassan II, vous avez souvent donnĂ© l’impression de cultiver le le Roi Au Maroc, on me connaĂźt parfaitement. Les Marocains connaissent mon caractĂšre et mes idĂ©es, ils savent absolument tout de moi. Cette notion de mystĂšre est entretenue par une certaine presse pour vendre, il faut mettre une Ă©tiquette. On m’a donc collĂ© une Ă©tiquette, celle du mystĂšre, simplement parce que j’ai dĂ©cidĂ© que, avant de parler, j’attendrais de mieux savoir. Alors, cette attitude a peut-ĂȘtre surpris, déçu, ceux qui attendaient ou souhaitaient une dĂ©marche plus mĂ©diatique. De toute façon, je ne suis pas candidat au hit Question Vous ne semblez pas Ă©prouver de grand amour pour la le Roi Je ne prĂ©tends pas faire l’unanimitĂ©. Et j’ai appris qu’il ne fallait pas chercher Ă  plaire Ă  tout le monde et Ă  tout prix. Mais qu’est-ce que la libertĂ© ? Pour moi, c’est le respect de l’autre et le respect de la loi. La libertĂ©, ce n’est pas l’anarchie. La critique est constructive, pas la dĂ©lation. La libertĂ© de la presse, ce n’est pas que n’importe qui Ă©crive n’importe quoi sur n’importe qui. Il faut Ă©crire en respectant les faits mĂȘme quand ils sont moins excitants que le fantasme de ceux qui ont choisi de critiquer pour critiquer. Mais au Maroc, comme ailleurs, les faits tĂȘtus imposeront leurs propres sanctions Ă  ceux qui veulent les Question C’est le paradoxe de la libertĂ© elle s’accompagne toujours de la critique. Vous avez permis Ă  Cheikh Yassine, le contestataire islamique, de s’exprimer. Cela ne l’empĂȘche pas de vous le Roi Je lui ai permis de mener la vie de tout citoyen Question En somme, le revers de votre tolĂ©rance, c’est que Cheikh Yassine le Roi D’avoir Ă©tĂ© libĂ©rĂ© peut-ĂȘtre ?- Question faites-vous le mĂȘme genre de rĂ©ponse Ă  tous les mĂ©contents ? Ceux qui disent le Roi a déçu. Le changement avait commencĂ© Ă  grande vitesse et puis le mouvement s’est le Roi Alors, j’aurais dĂ» laisser Yassine en rĂ©sidence surveillĂ©e et Abraham Serfaty en exil. J’aurais maintenu le statu quo pendant un ou deux ans en calculant que le jour oĂč ma popularitĂ© tomberait, il me suffirait de les rĂ©tablir dans leurs droits pour retrouver une bonne cote. Je ne sacrifie pas au populisme. N’étant pas Ă©lu, Ă  quoi bon me livrer Ă  des calculs totalement Ă©trangers Ă  mon Ă©thique ? Non, je ne peux garder des gens au rĂ©frigĂ©rateur dans le seul but de sortir une carte de ma manche. Ce que j’ai dĂ©cidĂ© Ă  propos de Abdeslam Yassine et d’Abraham Serfaty, je l’ai fait parce que c’était ma conviction et que le moment Ă©tait venu de le Question Il y aussi le problĂšme des femmes face Ă  l’Islam. Chez les Marocaines qui rĂ©clament une amĂ©lioration de la condition fĂ©minine, vous aviez suscitĂ© de grands espoirs lorsque vous ĂȘtes montĂ© sur le TrĂŽne. Mais, l’an dernier, les Islamistes montraient leur force en organisant Ă  Casablanca une manifestation imposante contre le plan national d’intĂ©gration de la femme. Tandis que la contre-marche des progressistes Ă  Rabat, rassemblait beaucoup moins de monde. Depuis, le projet de rĂ©forme de la Moudawana, le statut de la femme semble avoir Ă©tĂ© le Roi Cette manifestation islamiste s’est dĂ©roulĂ©e quelques mois aprĂšs mon investiture. Je ne m’étais pas encore prononcĂ©, je n’avais pas encore fait de dĂ©claration. Je pense donc que la marche de Casablanca a Ă©tĂ© un exutoire, une façon de se dĂ©fouler. Pour moi, la question de la femme dĂ©passe l’opposition entre les Ă©tiquettes islamistes et non islamistes. D’ailleurs, dans la dĂ©lĂ©gation de femmes qui Ă©tait venue me demander de revoir le code de la Moudawana, il y avait aussi des femmes voilĂ©es. Vous savez, la femme marocaine n’a pas grand-chose Ă  envier Ă  ses compatriotes masculins du point de vue de ses compĂ©tences et de ses ambitions. Maintenant, il faut lui donner la possibilitĂ© d’optimiser ses atouts. Il y a des femmes dans mon cabinet et au gouvernement. Partout j’ai installĂ© des femmes Ă  des postes clĂ©s. Mais je suis hostile au systĂšme des quotas qui, automatiquement, condamne les femmes Ă  un statut de minoritĂ©. La sĂ©lection ne doit se faire qu’en fonction des compĂ©tences et non par dĂ©magogie Question La manifestation de Casablanca n’a-t-elle pas dĂ©montrĂ© que, comme en AlgĂ©rie et en Iran, il y a un danger de radicalisation islamiste au Maroc ?- le Roi Je ne le pense pas parce que le Maroc est un pays trĂšs ancrĂ© dans ses traditions. En Iran et en AlgĂ©rie, il y a eu toute une pĂ©riode oĂč la religion ne faisait plus partie de la vie quotidienne. Ici, la religion se vit tous les jours. De plus, le Roi a une lĂ©gitimitĂ© religieuse parce qu’il est Amir Al-Mouminine, le Commandeur des croyants. Je dois garantir la libertĂ© du culte et, je le prĂ©cise, pas seulement celle des Musulmans. Les trois religions, musulmane, juive et chrĂ©tienne peuvent s’exprimer en toute libertĂ©, sĂ©curitĂ© et sĂ©rĂ©nitĂ©. Je suis islamiste si l’islamisme signifie le respect de la religion. Mais je ne suis pas intĂ©griste. A l’inverse, il est stupide d’accepter le monokini ou la minijupe et, en mĂȘme temps, montrer du doigt les femmes voilĂ©es. Ce sont des raccourcis qui n’ont pas droit de citĂ© au Question Si la contagion algĂ©rienne ne peut pas dĂ©border par le biais de l’intĂ©grisme religieux, n’y a-t-il pas un risque du cĂŽtĂ© des berbĂšres ? Ils sont descendus dans la rue pour exprimer leur solidaritĂ© avec les kabyles qui, sur l’autre versant de la frontiĂšre, contestaient le pouvoir d’ le Roi Les revendications berbĂšres ne sont pas les mĂȘmes que celles des kabyles. Chez nous, la sensibilitĂ©, Amazigh plutĂŽt que berbĂšre, est intĂ©grationniste. Je suis marocain avant de dire que je suis berbĂšre ou arabe. Il y a des Marocains qui sont berbĂšres, d’autres d’origine arabe, africaine ou andalouse. Mon pĂšre Ă©tait de descendance arabe alors que ma mĂšre est berbĂšre. Cette rĂ©alitĂ© exprime le gĂ©nie Question Tout le monde n’a pas l’air d’accord avec cette vision des choses puisque votre propre cousin, le Prince Moulay Hicham, conteste certains de vos choix le Roi Je prĂ©fĂšre que les problĂšmes de la famille, s’ils existent, se rĂšglent dans la famille. C’est lĂ  aussi mon Question L’armĂ©e est-elle le rempart de la Monarchie ?- le Roi De toutes les thĂ©ories concoctĂ©es sur le Maroc, les plus surprenantes et les plus simplistes sont celles qui ont Ă©tĂ© inspirĂ©es par le rĂŽle de l’armĂ©e. Quelques mois avant le dĂ©cĂšs de mon pĂšre, on expliquait que l’armĂ©e Ă©tait islamiste et que le jour oĂč Hassan II disparaĂźtrait, le pays plongerait dans le chaos. Depuis, on a dit le contraire le Maroc serait menacĂ© par l’émergence de l’intĂ©grisme et l’armĂ©e reprĂ©senterait le seul bouclier contre l’islamisme. Autre scĂ©nario le Maroc serait dirigĂ© par un petit groupe secret d’officiers. Autant d’aberrations. L’armĂ©e a une place importante au Maroc. Mais l’armĂ©e n’a pas de rĂŽle politique. Son pouvoir dĂ©coule du pouvoir Royal. Et je n’ai pas besoin de l’armĂ©e pour faire de la politique. On a causĂ© beaucoup de tort au Maroc avec ce genre d’ Question Cet Ă©tĂ©, on a pu croire que le mystĂšre de la disparition de Ben Barka avait Ă©tĂ© rĂ©solu. Selon les rĂ©vĂ©lations alors publiĂ©es dans la presse en France et au Maroc, sa dĂ©pouille avait Ă©tĂ© ramenĂ©e au Maroc, aprĂšs son enlĂšvement Ă  Paris, et dĂ©truite dans une cuve chimique. Mais ces informations ont Ă©tĂ© vigoureusement dĂ©menties par les autoritĂ©s marocaines tandis que le principal informateur, l’ancien agent secret Ahmed Boukhari, se retrouvait condamnĂ© Ă  un an de prison pour chĂšque sans provision. Qui a manipulĂ© qui ?- le Roi Si on connaissait la vĂ©ritĂ©, il n’y aurait pas eu de dĂ©rapage. Si on savait exactement ce qui s’est passĂ© Ă  l’époque de la disparition de Ben Barka, et oĂč se trouve sa dĂ©pouille, il n’y aurait pas toutes ces spĂ©culations. Je ne sais pas ce qui s’est passĂ©. J’aurais pu poser la question Ă  mon pĂšre, que Dieu ait son Ăąme, mais je ne l’ai pas fait. Je ne l’ai pas fait parce que lui-mĂȘme ne m’en avait jamais parlĂ©. J’ai respectĂ© son Question Votre rĂ©ponse aussi est le Roi Je vous le rĂ©pĂšte, je ne sais pas ce qui s’est passĂ© et les principaux acteurs de l’affaire Ben Barka ne sont plus lĂ . Mais je trouve que la mĂ©moire de Ben Barka est traitĂ©e de façon inacceptable pour la presse, et certains individus, elle est devenue un produit commercial. C’est une insulte Ă  sa famille. Il est normal que l’épouse de Ben Barka et son fils veuillent savoir oĂč se trouve la dĂ©pouille de Mehdi Ben Barka. Je comprends d’autant mieux leur dĂ©marche que j’ai Ă  peu prĂšs le mĂȘme Ăąge que BĂ©chir, le fils de Ben Barka. Il serait inconvenant de ma part de demander Ă  BĂ©chir Ben Barka d’oublier et de tirer un trait sur le passĂ©. Non, je ne le ferai pas. Mais le temps est peut-ĂȘtre venu de voir ce dossier diffĂ©remment. Et je suis prĂȘt, pour ma part, Ă  contribuer Ă  tout ce qui peut aider la vĂ©ritĂ©. Mais, de la mĂȘme façon, je m’opposerai Ă  toute rĂ©cupĂ©ration et Ă  toute instrumentalisation, mercantile ou idĂ©ologique, de cette Question Le pouvoir vous a-t-il changĂ© ?- le Roi Quand je suis montĂ© sur le TrĂŽne, j’ai dit Ă  mon frĂšre si je change, prĂ©viens-moi. Et il y a quelques temps, je lui ai demandĂ© si j’avais changĂ©. Il m’a rĂ©pondu oui, un petit peu. Mais je ne crois pas que ce soit un changement nĂ©gatif. Au dĂ©but, je pensais que je resterais le mĂȘme. Mais le pouvoir change un homme et je ne fais pas Question L’attitude des autres a-t-elle changĂ© ?- le Roi Absolument pas. Bien sĂ»r, certains de mes amis ont eu un rĂ©flexe de rĂ©serve. Moi aussi, je l’ai eu. Mais les choses sont vite rentrĂ©es dans l’ordre. J’ai gardĂ© les mĂȘmes amis, les mĂȘmes habitudes. J’essaye de mener une vie relativement normale, surtout avec ma famille. Je suis trĂšs proche de ma mĂšre, de mon frĂšre et de mes trois sƓurs. On se tĂ©lĂ©phone souvent. Nous nous disons nos quatre vĂ©ritĂ©s, parfois il y a des fĂącheries. Bref, ma famille est comme toutes les Question Le pouvoir vous fait-il peur ?- le Roi Peur, non mais le poids des responsabilitĂ©s est lourd. L’essentiel est de garder la confiance des autres. Quand vous ne l’avez pas, vous n’avez rien Ă  perdre. Quand vous l’avez, le plus dur c’est de la maintenir. Ma prioritĂ©, c’est de conserver la confiance de mon peuple. Je tiens Ă  remercier les Marocains d’ĂȘtre indulgents. Parce que je sais que leurs attentes sont Ă©normes. Le Roi est le premier serviteur du pays je suis donc Ă  la disposition de tous les Marocains. On a dit que j’étais le Roi des pauvres. TrĂšs bien, mais je suis d’abord le Roi de tous le Roi des jeunes, le Roi des vieux et mĂȘme le Roi des riches. Je ne dis pas Ă  mon peuple que je ne ferai pas d’erreur mais je promets de faire de mon Question Y a-t-il des Ă©crivains qui inspirent votre dĂ©marche politique ?- le Roi Non. Je lis de tout, absolument tout mais ce ne sont pas les Ă©crivains qui m’inspirent. C’est mon pĂšre, qui m’a le plus appris. Tout en respectant mes propres idĂ©es. Il me disait Tu as des dĂ©fauts et tu as des qualitĂ©s. On ne peut transformer tes dĂ©fauts en qualitĂ©s, mais tu dois essayer d’exploiter au mieux tes Question Justement, quelle est votre plus grande qualitĂ© ?- le Roi Ce n’est pas Ă  moi de vous le dire. Je sais seulement que je suis fait d’un bloc. Je suis entier et je m’implique totalement dans ce que je Question Quels sont vos dĂ©fauts ?- le Roi J’en ai beaucoup. Je suis impulsif. Mais, grĂące Ă  mon pĂšre, j’ai appris Ă  ne jamais prendre de dĂ©cision Ă  chaud. Dans ma jeunesse, je ne comprenais pas toujours l’absence de rĂ©action de mon pĂšre devant une situation qui me semblait injuste. Il me disait attends avant de dĂ©cider. MalgrĂ© cet enseignement, j’ai pris des dĂ©cisions Ă  chaud et je me suis brĂ»lĂ©. DĂ©sormais, je commence par analyser tranquillement toutes les situations, et, quitte Ă  prendre un peu de temps, je laisse dĂ©canter les choses avant de Question Ecoutez-vous autant de musique que vous lisez de livres ?- le Roi J’aime beaucoup la musique de mon temps, le rai, le rock. Je l’avoue, j’ai des goĂ»ts trĂšs commerciaux. Mais je me laisse emporter par les diffĂ©rents courants Question Vous avez la rĂ©putation d’un amoureux de la mer ?- le Roi J’adore la mer. NĂ© Ă  Rabat qui est sur la cĂŽte, j’ai toujours aimĂ© ĂȘtre en contact avec l’eau. Je pourrais difficilement vivre loin de la mer. Mais il n’y a pas que le jet-ski et les sports de plage qui m’intĂ©ressent. J’ai aussi les mĂȘmes passions que mon pĂšre. Il faisait du golf, du cheval et nageait tous les jours. Une semaine avant sa mort, il faisait sa demi-heure de natation le matin et ses neuf trous de golf. Alors, avec mon frĂšre, nous nous sommes partagĂ©s la tĂąche. Moi, je suis bon cavalier et lui bon Question "Paris Match" a annoncĂ© que vous alliez vous marier fin septembre. Confirmez-vous la nouvelle ?- le Roi Ecoutez, quand ça se fera, il y aura un communiquĂ© en bonne et due forme qui sortira du ministĂšre de la Maison Royale et qui annoncera l’ Question Si vous dĂ©cidez de vous marier, donnerez-vous le scoop au Figaro ?- le Roi Je prĂ©fĂšre parler d’information, pas de scoop. Et cette information, c’est d’abord Ă  mon peuple que je la Question A propos de l’ex-Sahara espagnol, vous avez obtenu que l’ renonce Ă  l’option de l’indĂ©pendance. Selon ce nouveau projet, votre province du Sahara occidental, restera marocaine mais elle devra disposer d’une large le Roi J’ai rĂ©glĂ© la question du Sahara qui nous empoisonnait depuis vingt-cinq ans. Ce genre d’affaire ne se traite pas en grimpant sur un piĂ©destal et en publiant un communiquĂ© par jour. Pour obtenir que les onze membres du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ reconnaissent la lĂ©gitimitĂ© de la SouverainetĂ© marocaine sur le Sahara, nous avons travaillĂ© dur et dans la plus stricte confidentialitĂ© pendant dix-huit Question Mais ce compromis sur le Sahara, il vous reste Ă  le le Roi En effet, nous abordons maintenant une phase nouvelle de la nĂ©gociation. Mais nous y rentrons de façon nettement plus Question Sauf avec l’ le Roi Le compromis est clair et nous sommes en train d’en discuter. Nous acceptons qu’une solution Ă©quitable soit trouvĂ©e dans le cadre de la souverainetĂ© Question Peut-on parler de solution tant que l’AlgĂ©rie dit non ?- le Roi L’AlgĂ©rie refuse aujourd’hui. Peut-ĂȘtre qu’elle ne refusera pas demain. La solution prendra du temps, il faut la laisser Question Avec le PrĂ©sident Bouteflika, vous aviez donnĂ© l’impression d’un nouveau dĂ©but entre le Maroc et l’AlgĂ©rie. Mais, dans les mois qui ont suivi votre accession au TrĂŽne, les relations se sont le Roi Pas du tout. Les relations entre le PrĂ©sident algĂ©rien et moi-mĂȘme sont excellentes. Mais bon, les relations entre nos deux pays fluctuent, selon les alĂ©as qu’imposent les rĂ©alitĂ©s de nos deux Question La rumeur court d’un Sommet Ă  l’automne pour normaliser les le Roi Rien n’est dĂ©cidĂ©. Mais je ne suis pas contre. Toutes les possibilitĂ©s de trouver un arrangement mĂ©ritent d’ĂȘtre Ă©tudiĂ©es. Sur le plan international, le PrĂ©sident Bouteflika a rendu une certaine aura Ă  l’AlgĂ©rie, une certaine crĂ©dibilitĂ©. L’AlgĂ©rie connaĂźt des problĂšmes intĂ©rieurs mais ceux-ci n’ont rien Ă  voir avec la personne du PrĂ©sident Bouteflika. La situation actuelle est la consĂ©quence de problĂšmes qui remontent loin dans le Question Autre grand contentieux diplomatique vos difficultĂ©s avec l’Espagne. Madrid reproche au Maroc de ne pas lutter avec assez de vigueur contre l’émigration sauvage vers les cĂŽtes espagnoles. L’Espagne proteste d’autant plus que, sur la frontiĂšre sud de l’Union europĂ©enne, elle est en quelque sorte le gardien des accords de le Roi Au Maroc, nous n’avons jamais occultĂ© le problĂšme de l’émigration. C’est un problĂšme rĂ©el. Ce que nous n’acceptons pas, c’est que Madrid dise que toutes les difficultĂ©s de l’Espagne viennent du Maroc. Qu’il y ait des mafias au Maroc qui vivent de l’émigration clandestine et du trafic de drogues, c’est vrai. Mais en Espagne, il y aussi des mafias et elles sont plus riches qu’au Maroc. Les bateaux qui embarquent les clandestins viennent d’Espagne. Ils coĂ»tent trĂšs cher et ils sont Ă©quipĂ©s de moteurs hyper-puissants qui rendent ces bateaux bien plus rapides que les vedettes de notre marine. Quant aux trafiquants de drogue marocains, ils ont des passeports espagnols et des comptes bancaires en Espagne. Ce n’est pas nous qui leur avons accordĂ© la double nationalitĂ©. Disons que la responsabilitĂ© est partagĂ©e. Mais du cĂŽtĂ© du Maroc, c’est beaucoup par manque de Question Avec la France, en revanche, les relations sont presque familiales. MĂȘme si l’opinion est hostile Ă  l’immigration du tiers-monde en mĂȘme temps qu’à la dĂ©localisation des emplois, pourtant seul espoir des pays du sud. Ce que vous dites Ă  l’Espagne, le dites-vous aussi Ă  la France ? - le Roi Vous avez parlĂ© de relations familiales. C’est vrai. Le PrĂ©sident Jacques Chirac et Madame Chirac entretiennent avec ma famille des relations de trĂšs grande affection et d’une rĂ©elle proximitĂ©. J’ajoute que les Français connaissent et aiment le Maroc. Entre nos deux pays, il y a une capillaritĂ© culturelle, sociale et humaine qui transcende les difficultĂ©s de la conjoncture. Mais il y a aussi, en France, un rĂ©flexe sĂ©curitaire parce qu’on fait l’amalgame entre le Maroc et d’autres pays de la rive sud de la MĂ©diterranĂ©e. Le Maroc a une identitĂ© diffĂ©rente. De par sa position gĂ©ostratĂ©gique, le Maroc est le pays d’Afrique le plus proche de l’Europe, le pays arabe le plus proche de l’Europe et le pays du Maghreb le plus proche de l’Europe. Entre Tanger et la cĂŽte europĂ©enne, il y a douze kilomĂštres le soir, des fenĂȘtres de mon palais de Tanger, je vois les phares des voitures espagnoles. Les problĂšmes du Maroc ne trouveront de solution que s’il y a une vĂ©ritable implication de l’Europe des Quinze dans le dĂ©veloppement de mon pays, Ă  l’exemple des investisseurs français qui croient beaucoup au Maroc. C’est pourquoi je compte sur la France pour se faire notre avocat auprĂšs de l’Union europĂ©enne. Avec les Quinze, notre partenariat doit trouver sa vĂ©ritable traduction dans un pacte de cosolidaritĂ©. C’est-Ă -dire un peu moins que l’adhĂ©sion Ă  part entiĂšre, et beaucoup plus que la seule logique marchande qui restreint abusivement l’avenir de nos Question Vous venez de recevoir Yasser Arafat. Que peut faire le Maroc pour aider Ă  ressusciter le processus de paix ?- le Roi Entre les Palestiniens et les IsraĂ©liens, le processus de paix ne peut ĂȘtre ressuscitĂ© que si on abandonne la logique meurtriĂšre du tout ou rien. Il faut que les IsraĂ©liens et les Palestiniens s’assoient autour de la table de nĂ©gociation sans aucun prĂ©alable. Je suis d’autant plus dĂ©chirĂ© par cette situation que la culture juive a, ici, des racines trĂšs profondes et trĂšs anciennes. Le Maroc a Ă©tĂ© un prĂ©curseur dans son rĂŽle pionnier pour la paix et le dialogue. Nous restons un modĂšle dans la vie au quotidien car, chez nous, les Juifs et les Musulmans dĂ©montrent tous les jours qu’il n’y pas de fatalitĂ© Ă  la haine et Ă  la Question Croyez-vous vraiment qu’au PrĂŽche-Orient la rĂ©conciliation entre Juifs et Arabes soit possible ?- le Roi Je vais vous raconter une anecdote vers l’ñge de sept ou huit ans, j’avais un coiffeur qui s’appelait Gaston. Un jour qu’il me coupait les cheveux, je l’ai interrogĂ© Gaston, ĂȘtes-vous juif? AprĂšs, ma gouvernante chrĂ©tienne m’a grondĂ© tu n’aurais pas dĂ» lui demander s’il Ă©tait juif. Je me suis Ă©tonnĂ© pourquoi ? Elle m’a dit parce que les Juifs et les Arabes sont supposĂ©s ne pas s’aimer, parce qu’ils sont en train de se faire la guerre. C’est une question de territoire. Et moi j’ai insistĂ© pourquoi ? Il n’y a pas assez de place pour tout le monde ?- Question Trente ans aprĂšs, il est toujours question de territoire. Au PrĂŽche-Orient, comment croire au miracle ?- le Roi Au temps de l’inquisition, beaucoup de Juifs Ă©taient venus se rĂ©fugier au Maroc parce qu’ils savaient que l’Islam protĂ©gerait leur foi. Quand mon grand-pĂšre et mon pĂšre sont revenus de l’exil que leur avait imposĂ© le pouvoir colonial, des familles juives ont apportĂ© au Palais de la vaisselle, des objets prĂ©cieux, des archives. Elles ont dit Ă  mon grand-pĂšre MajestĂ©, voilĂ  ce que nous avons pu sauver. Nous vous le ramenons. Ce souvenir, qui reste trĂšs cher Ă  mon cƓur, n’est pas seulement une autre manifestation de la lĂ©gitimitĂ© de l’appartenance des Juifs marocains au patrimoine national. Il me renforce dans la conviction que le Maroc peut jouer un rĂŽle dĂ©terminant et unique parce que crĂ©dible des deux cĂŽtĂ©s, pour aider Ă  reconstruire, entre IsraĂ©liens et Palestiniens, un contrat de confiance qui a disparu. C’est par lĂ  qu’il faut commencer, ou recommencer.